Texte original

Hommage aux surréalistes

Texte produit dans le cadre d’un atelier d’écriture chez Galanga coworking le 10 janvier 2017 à Rouen.

Consigne d’écriture : À partir du tableau Sleep de Salvador Dali et du Dictionnaire humoristique des surréalistes et des dadaïstes de Pierre Drachline, écrire un texte sous forme libre en résonance avec les surréalistes.

Sleep Salvador Dali 

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C’est un visage sans forme. La tête est aveugle, fichée sur un long cou qui pendouille de nulle part. C’est orange. Cramé par les UV, ravalé au fond de teint Gemey Maybelline New York (n°1 des ventes dans l’hexagone). En guise d’oreille, de la peau qui plisse. Plisse-t-elle vieillir aussi bien que tata Amélie. Des ridules mauves sur du cuir orangé. Dégueulasse. Tout cela ne tiendrait évidemment pas debout sans un peu d’aide, c’est-à-dire non pas une ni deux, mais bien douze tuteurs en bois. C’est bancal. C’est moche. C’est exactement comme cela doit être : mon rêve intérieur.

Au loin, on distingue un palais de conte de fées. Rien à voir avec le château de Mickey Mouse à Disneyland Paris. Du sable et du néant surgissent des coupoles rondes en pierre ocre et blanche. Le soleil se reflète sur ses fenêtres fines et étroites qui ne laissent filtrer que la lumière. La chaleur, elle, doit rester dehors. Muselée, en laisse comme un bon chien domestique. Aucun son ne pénètre dans cette toile imaginaire, tout absorbé qu’il est par le vide habilement représenté.

C’est marrant comme tableau. De loin, on dirait une tranche de montagne découpée sur le ciel bleu. Peut-être est-ce une invitation au voyage intérieur ? Qui sait ce qui pouvait bien passer la tête de ce toqué de Salvador ? Salvador… Un nom précieux à particules aurifères. Aurifère. Faire du fer. Fer à cheval. Au galop dans la spirale des mots sans queue ni tête aux consonances surréalistes. Qu’est-ce que le dictionnaire humoristique des surréalistes et des dadaïstes pourrait bien nous apprendre de plus ? Rêve : « Une place pour les rêves et les rêves à leur place », État de veille, Robert Denos cf. page 217.

De cet élan narcissique, je ne retiens rien. Je lâche. Je perds. Je me déleste de mes angoisses futures, de mon agitation présente, de mes frustrations passées. Passer le plus clair de son temps à écrire en rond, voilà de quoi éclaircir l’année qui s’étale et qui déroule, roule…. Roulettes de vélo, voilà mon dernier mot.

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